À six mois du premier tour du 18 avril 2027, aucun candidat n'a encore publié de programme complet, mais chacun a dévoilé ses mesures phares, au débat du Medef fin août, dans des entretiens ou lors de conférences de presse. Voici les principales propositions annoncées, candidat par candidat, telles que rapportées par la presse. Cet article est mis à jour à chaque grande annonce ; pour le détail sourcé, mesure par mesure, consultez les programmes des partis.
Le contexte budgétaire pèse sur toutes ces propositions : le gouvernement a présenté le 1er octobre un projet de budget 2027 prévoyant un effort de 43 milliards d'euros, selon Public Sénat.
Marine Le Pen (Rassemblement national)
Le 6 octobre 2026, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont présenté un plan de 140 milliards d'euros d'économies d'ici 2032, avec une dette ramenée de 121 % du PIB en 2027 à 112 % en 2032. Les principaux postes : immigration (environ 15 milliards en 2027), réorganisation de l'État (20,7 milliards), contribution au budget européen (9 milliards), collectivités locales, suppression des intercommunalités et de la quasi-totalité des agences de l'État. Le RN propose aussi une règle d'or budgétaire adoptée par référendum dans les douze mois suivant l'élection, et un pilier de retraite par capitalisation, tout en maintenant un âge légal de 62 ans et un départ à 60 ans pour les carrières commencées avant 20 ans. Le programme complet est annoncé d'ici la fin de l'année. Le programme du RN, thème par thème.
Bruno Retailleau (Les Républicains)
Bruno Retailleau fait d'une réforme constitutionnelle soumise à référendum à la rentrée 2027 la première grande réforme de son éventuel mandat : un « pacte constitutionnel » associant une révision de la Constitution et une « Charte de l'ordre républicain » (sécurité, laïcité, nationalité, immigration). Il propose d'abaisser le seuil du référendum d'initiative partagée à environ 2,5 millions de signatures, de permettre de passer outre une censure du Conseil constitutionnel par référendum ou par le Congrès, d'instaurer des plafonds migratoires et de lier l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie. Le programme de LR.
Édouard Philippe (Horizons)
Édouard Philippe propose de limiter l'indemnisation chômage à 12 mois pour les moins de 50 ans (contre 18 aujourd'hui) et de mettre fin à ce qu'il appelle « l'open bar des arrêts de travail » : deux premiers jours d'un arrêt ponctuel non indemnisés et délai incompressible entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle. Le programme d'Horizons.
Gabriel Attal (Renaissance)
Gabriel Attal articule son projet autour de quatre chantiers : école, salaires, frontières et intelligence artificielle. Pour l'école, il propose une loi de programmation, le retour d'un certificat d'études à l'entrée en 6e, un brevet obligatoire pour entrer au lycée, moins de 20 élèves par classe en primaire et une hausse de 200 à 500 euros nets par mois du traitement des enseignants. Il veut aussi réduire l'écart entre salaire brut et net, introduire une « préférence travail » pour l'immigration et former 20 millions de salariés à l'IA en cinq ans. Le programme de Renaissance.
Raphaël Glucksmann (PS, Place publique, GRS)
Vainqueur de la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour le 11 octobre 2026 (66,17 %), Raphaël Glucksmann propose d'augmenter les salaires nets en finançant une baisse de la CSG par une contribution des plus gros héritages (15 milliards d'euros), un plan de cinq ans pour l'école publique, un service civique obligatoire de dix mois et une convention citoyenne sur l'immigration dont les propositions seraient votées par le Parlement. Sur les retraites, il promet une réforme sans retour à 60 ans, modulée selon la pénibilité. Le programme du PS.
Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
Au débat du Medef, Jean-Luc Mélenchon a défendu une hausse des salaires, un retour de l'âge de départ à 62 ans puis à 60 ans, l'annulation d'une partie de la dette publique et la désobéissance aux décisions européennes jugées contraires au vote des Français. LFI présentera le 6 novembre 2026 son programme remanié, rebaptisé « la Nouvelle France ». Le programme de LFI.
Éric Zemmour (Reconquête)
En confirmant sa candidature le 17 septembre 2026, Éric Zemmour a proposé de renvoyer les étrangers délinquants et les étrangers en situation irrégulière, ainsi que les étrangers au chômage depuis plus d'un an, y compris en situation régulière, au nom du principe de « remigration ». Le programme de Reconquête.
Marine Tondelier (Les Écologistes) et Fabien Roussel (PCF)
Marine Tondelier, dont la candidature sera confirmée ou non par les adhérents écologistes en décembre, a défendu au débat du Medef un SMIC à 2 000 euros brut. Fabien Roussel, candidat du PCF, n'a pas encore présenté de nouvelle mesure chiffrée depuis la validation de sa candidature ; ses positions de référence restent celles détaillées dans le programme du PCF.
Comparer avec vos propres positions
Ces propositions portent sur les mêmes grands thèmes que les 188 affirmations du test politique : retraites, budget, école, immigration, institutions. Pour situer ces candidats les uns par rapport aux autres, voyez nos comparatifs thème par thème et la liste des candidats.