Économie, travail et fiscalité : qui propose quoi ?

Retraites, salaires, impôts, dette publique : l'économie reste le premier critère de vote des Français à chaque élection présidentielle. De la retraite à 60 ans défendue par la gauche radicale à la baisse des impôts de production portée par la droite libérale, les 9 grands partis français proposent des modèles économiques profondément différents. Cette page compare leurs programmes économiques à partir des textes officiels (programmes de la présidentielle 2022, des européennes et législatives 2024, et positions actuelles) chacun étant décortiqué en détail sur sa page dédiée.

RN

Rassemblement National

Le Rassemblement national articule sa doctrine économique autour du pouvoir d'achat, du « patriotisme économique » et de la protection face à la concurrence internationale. Ses mesures phares restent la baisse de la TVA sur l'énergie, l'abrogation de la réforme des retraites de 2023 et l'incitation aux hausses de salaires. Depuis 2024, le parti met davantage l'accent sur la baisse des impôts de production et la réduction des dépenses publiques : son contre-budget 2026 revendique 36 milliards d'euros d'économies, financées notamment par des coupes sur l'immigration, la contribution à l'UE et les agences de l'État. Plusieurs observateurs, selon Public Sénat, y voient un « virage libéral » du parti.

  • Baisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'énergie (carburants, gaz, électricité, fioul)
  • Abroger la réforme des retraites de 2023 et instaurer un système progressif
  • Inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10 % jusqu'à 3 SMIC
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REC

Reconquête

La doctrine économique de Reconquête combine libéralisme fiscal et protectionnisme commercial : baisse massive des impôts de production et des droits de succession, valorisation du travail par l'exonération des heures supplémentaires et la baisse de la CSG sur les bas salaires, le tout financé par des coupes dans la dépense publique et par la suppression des aides sociales non contributives pour les étrangers extra-européens. Depuis 2025-2026, l'eurodéputée Sarah Knafo, vice-présidente du parti, radicalise ce volet avec un plan revendiqué de 130 milliards d'euros d'économies, incluant la suppression de 800 000 postes de fonctionnaires et la limitation du RSA à trois ans.

  • Porter l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans d'ici 2030
  • Baisser de 30 milliards d'euros par an les impôts de production
  • Exonérer 95 % des familles de droits de succession et de donation
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LR

Les Républicains

Les Républicains défendent une ligne libérale assumée : réduction massive de la dépense publique pour casser la spirale de la dette, baisse des impôts de production et des cotisations, revalorisation du travail face à « l'assistanat » et débureaucratisation de l'État. Sous Bruno Retailleau, le parti propose 80 milliards d'euros d'économies, un « revenu d'incitation à l'activité » fusionnant plusieurs minima sociaux, la sortie des 35 heures via l'exonération des heures au-delà de 1 623 heures par an et le développement de la retraite par capitalisation en complément de la répartition. Cette doctrine prolonge le programme de Valérie Pécresse en 2022 (retraite à 65 ans, hausse de 10 % des salaires nets) et le pacte législatif de 2024.

  • Réduire massivement la dépense publique : 80 milliards d'euros d'économies
  • Retraites : après le report à 65 ans en 2022, développer la capitalisation
  • Sortir des 35 heures : zéro cotisation au-delà de 1 623 heures travaillées par an
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HOR

Horizons

Horizons place le redressement des finances publiques au sommet de ses priorités. Édouard Philippe, qui a fait de la « vérité sur l'état des finances publiques » un axe de sa campagne, propose de ramener le déficit public de plus de 5 % à 2 % du PIB en fin de quinquennat, d'inscrire une règle d'or budgétaire dans la Constitution et de réformer les retraites en introduisant un pilier de capitalisation collective. Le parti défend aussi un « deal » fiscal avec les entreprises (baisse des impôts de production contre baisse des aides publiques), un moratoire normatif et fiscal, et une stratégie de réindustrialisation adossée à l'Europe.

  • Ramener le déficit public de plus de 5 % à 2 % du PIB en fin de quinquennat
  • Réforme des retraites avec un pilier de capitalisation collective (10-15 %)
  • « Deal » entreprises : -50 Md€ d'impôts de production contre -50 Md€ d'aides publiques
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RE

Renaissance

Renaissance défend une politique de l'offre engagée depuis 2017 : baisse des impôts de production, réformes du marché du travail et objectif de plein emploi. Le parti assume la réforme des retraites de 2023 (âge légal à 64 ans), le conditionnement du RSA à des heures d'activité et le plan d'investissement France 2030. Sous l'impulsion de Gabriel Attal, la doctrine actuelle met l'accent sur la valorisation du travail, la maîtrise de la dette publique et la réduction de la dépense, avec un État présenté comme investisseur plutôt que seulement subventionneur.

  • Retraites : âge légal porté à 64 ans, débat interne sur un critère de durée de cotisation
  • RSA conditionné à 15 heures d'activité hebdomadaires et création de France Travail
  • Objectif de plein emploi : ramener le chômage autour de 5 % d'ici 2027
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PS

Parti Socialiste

Le Parti socialiste défend une ligne social-démocrate de redistribution : hausse des salaires en commençant par le SMIC, fiscalité accrue sur les très hauts patrimoines et les superprofits, et refus que la réduction du déficit passe par les seuls services publics. Après avoir porté en 2024 le programme commun du Nouveau Front populaire, le parti a infléchi sa méthode : en 2025, il a obtenu la suspension de la réforme des retraites en échange de la non-censure du gouvernement Lecornu, puis a présenté en septembre 2026 un « contre-budget » chiffré (39,5 milliards d'euros de recettes nouvelles, 17,5 milliards d'économies) qui revendique un « sérieux budgétaire de gauche ».

  • Revenir sur la retraite à 64 ans, suspension déjà obtenue jusqu'en 2028
  • Porter le SMIC à 1 700 euros net par mois
  • Instaurer la taxe Zucman : impôt minimum de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 M€
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LE

Les Écologistes

Les Écologistes défendent une économie de « prospérité écologique » qui rompt avec le productivisme : investissement public massif dans la transition, hausse des bas salaires, fiscalité renforcée sur les grands patrimoines (ISF climatique, taxe Zucman) et reconstruction des services publics. Le programme 2027, adopté après une consultation ayant recueilli près de 50 000 contributions, articule justice sociale et transition : réduction du temps de travail pour les métiers pénibles, retour de la retraite à 62 ans et protection des ménages modestes face au coût de la transition. Aux législatives 2024, le parti a porté ces orientations dans le programme commun du Nouveau Front populaire.

  • Augmenter fortement le SMIC et les bas salaires
  • Créer un ISF climatique taxant davantage les patrimoines investis dans les fossiles
  • Instaurer la taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros
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LFI

La France Insoumise

La France insoumise défend une rupture avec les politiques économiques libérales : hausse immédiate des salaires et des minima sociaux, retour de la retraite à 60 ans, blocage des prix des produits de première nécessité et « révolution fiscale » fondée sur une progressivité accrue de l'impôt. Le parti assume un rôle accru de l'État dans l'économie, avec des nationalisations dans l'énergie et un encadrement des écarts de salaires. Formalisée dans « L'Avenir en commun » en 2022, cette doctrine a été en grande partie reprise par le programme commun du Nouveau Front populaire en 2024, avec un SMIC relevé à 1 600 euros net, et reste au cœur de l'édition 2025 du programme.

  • Rétablir la retraite à 60 ans à taux plein pour 40 annuités de cotisation
  • Porter le SMIC à 1 600 euros net par mois
  • Bloquer les prix des produits de première nécessité
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PCF

Parti Communiste Français

Le PCF place le travail et les salaires au cœur de sa doctrine économique : hausse générale des rémunérations, indexation sur l'inflation, retraite à 60 ans et éradication du chômage par une « sécurité d'emploi ou de formation ». Le parti défend la reprise de pouvoir sur le capital et la finance : nationalisation des grandes entreprises stratégiques (énergie, médicament, banque), taxation renforcée du capital et des revenus financiers. Depuis 2025, ces orientations sont regroupées dans un « pacte d'avenir pour la France » adossé à un fonds public de 500 milliards d'euros sur cinq ans. Aux législatives 2024, le PCF a porté ces exigences au sein du programme commun du Nouveau Front populaire.

  • Porter le SMIC à 1 600 € net, soit environ 2 021 € brut mensuels
  • Rétablir la retraite à 60 ans à taux plein et abroger la réforme de 2023
  • Indexer salaires, pensions et minima sociaux sur l'inflation (échelle mobile)
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