Depuis son lancement, le test Swipe ton vote a enregistré 381 865 réponses de 3 738 testeurs (instantané du 2 octobre 2026). Une base suffisamment large pour dégager des tendances, à condition de garder en tête ce qu'elle n'est pas : un sondage. Voici les grands enseignements, et leurs limites.
Méthodologie : ce que ces chiffres disent, et ne disent pas
Les testeurs viennent d'eux-mêmes, par le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche. L'échantillon n'est ni aléatoire, ni redressé (âge, sexe, région, vote passé) comme le ferait un institut de sondage : il décrit les personnes qui ont fait le test, pas l'ensemble des Français. Les pourcentages d'accord sont calculés parmi les réponses exprimées (hors « je sais pas »), et un profil politique n'est calculé qu'à partir de 10 réponses exprimées : 3 646 testeurs franchissent ce seuil. Pour comprendre les limites des outils de ce type, lisez notre article sur la fiabilité des tests politiques. Les chiffres évoluent en continu sur la page Statistiques.
Un paysage éclaté en blocs
Le premier enseignement est la dispersion : aucune famille politique ne domine. Parmi les 3 646 profils calculés :
- Gauche radicale : 21 %
- Centre droit : 19 %
- Droite sociale / populaire : 16 %
- Gauche sociale-démocrate : 15 %
- Droite conservatrice : 13 %
- Centre libéral : 8 %
- Centre / modéré : 8 %
Additionnées, les familles de gauche pèsent 36 %, les familles de droite 29 % et les profils centraux 35 %. Une configuration en trois blocs qui rappelle celle des dernières élections, analysée dans nos scénarios de second tour.
Le testeur moyen : plutôt souverainiste et en demande de démocratie directe
Sur les 6 axes du test (de -1 à +1), le profil moyen est remarquablement centré sur l'économie (-0,08, très légèrement interventionniste) et sur les questions de société (-0,02). Trois axes se détachent davantage :
- Institutions : +0,29, le signal le plus net. Les testeurs penchent vers la rupture démocratique : 68 % approuvent le RIC, 83 % le vote obligatoire avec reconnaissance du vote blanc.
- Europe : -0,17, une orientation souverainiste : 83 % estiment que le droit français doit primer sur le droit européen en cas de conflit.
- Écologie : +0,17, une légère priorité au climat, qui cohabite avec un fort soutien au nucléaire (68 %).
Des affinités moyennes qui dessinent un vote de rupture
Logiquement, ce profil se traduit dans les affinités moyennes avec les partis : le PCF (61 %), le RN (59 %) et LFI (59 %) arrivent en tête, suivis de Reconquête (55 %), des Écologistes (54 %) et du PS (51 %). Les Républicains (48 %), Horizons (41 %) et Renaissance (41 %) ferment la marche. Le point commun des trois premiers n'est pas l'économie mais la critique des institutions et de l'Union européenne actuelles. Ces moyennes masquent toutefois de fortes différences individuelles : votre propre profil peut être très éloigné.
Ce qui rassemble, ce qui divise
Certaines mesures transcendent les familles politiques : 94 % des testeurs veulent que l'État puisse bloquer les prix des produits de première nécessité, 92 % soutiennent la légalisation de l'aide active à mourir, 91 % des peines plus sévères pour les récidivistes. Nous les détaillons dans les sujets qui font consensus. À l'inverse, l'interdiction des vols intérieurs, les racines chrétiennes de la France ou l'armée européenne coupent les testeurs en deux moitiés presque parfaites : voir les questions qui divisent le plus. Enfin, un « je sais pas » sur sept révèle les angles morts du débat public, analysés dans les sujets qui font hésiter.
Envie de voir où vous vous situez par rapport à ces moyennes ? Faites le test, puis comparez votre profil au radar de la page Statistiques.