Sur Swipe ton vote, chaque carte propose trois réponses : d'accord, pas d'accord, et je sais pas. Ce troisième bouton représente 14 % des 381 865 réponses enregistrées (instantané du 2 octobre 2026). Loin d'être du bruit, ces hésitations sont une mine d'informations : elles montrent quels sujets le débat public explique mal.
Les questions qui font le plus hésiter
Part de « je sais pas » parmi toutes les réponses, pour les questions ayant reçu au moins 2 000 réponses :
- « Le statut de travailleur détaché crée une concurrence déloyale qu'il faut stopper, même contre Bruxelles » : 54 %
- « Il faut un moratoire sur les nouvelles autoroutes et les extensions d'aéroports » : 49 %
- « Il faut introduire une forte dose de proportionnelle aux élections législatives » : 47 %
- « Le Sénat devrait être supprimé ou fusionné avec le Conseil économique et social » : 38 %
- « L'UE devrait décider en politique étrangère à la majorité qualifiée (fin du veto national) » : 36 %
- « Les zones à faibles émissions (ZFE) pénalisent injustement les classes populaires et doivent être suspendues » : 32 %
- « Il faut développer la retraite par capitalisation en complément de la répartition » : 32 %
- « La stabilité des institutions de la Ve République est un atout qu'il faut préserver » : 31 %
Parmi les questions plus récentes, qui ont reçu moins de réponses, les ordonnances (51 %) et la possibilité pour le Parlement de passer outre une censure du Conseil constitutionnel (50 %) atteignent des niveaux comparables.
Le jargon, premier facteur d'hésitation
Le point commun de ce classement saute aux yeux : presque toutes ces questions contiennent un terme technique. Travailleur détaché, moratoire, proportionnelle, CESE, majorité qualifiée, ZFE, capitalisation : ce ne sont pas les sujets qui sont indifférents, ce sont les mots qui bloquent. À l'inverse, les questions les moins « passées » (2 à 3 % de « je sais pas ») sont formulées dans des termes du quotidien : bloquer les prix, juger les mineurs récidivistes comme des adultes, légaliser l'aide active à mourir, durcir les peines.
Notre réponse : le verso des cartes
Ce constat nous a conduits à ajouter, début octobre 2026, un verso explicatif aux 81 cartes contenant un terme technique : le bouton « Comprendre les termes » retourne la carte pour afficher une définition neutre et factuelle, sans que cela compte comme une réponse. L'ensemble de ces définitions est rassemblé dans notre lexique politique. Nous suivrons l'évolution du taux de « je sais pas » sur ces questions dans les prochains mois.
Quand l'hésitation est une opinion
Toutes les hésitations ne viennent pas du vocabulaire. Sur la stabilité de la Ve République (31 %) ou l'euro (26 %), les mots sont connus, mais le jugement est difficile : les bénéfices et les coûts sont réels des deux côtés. Un « je sais pas » peut alors traduire une position nuancée que le format binaire ne capte pas. C'est pourquoi il n'influence jamais votre profil : le test vous propose plutôt une ou deux questions voisines pour affiner votre position, comme expliqué dans notre article sur la fiabilité des tests politiques.
Ce que cela dit de la campagne à venir
Plusieurs de ces sujets (proportionnelle, Europe, institutions) figurent dans les programmes pour 2027. Un électeur sur deux n'ayant pas d'avis tranché sur la proportionnelle, ce sont aussi les sujets où la pédagogie des candidats pourra faire bouger les lignes. Pour commencer, notre article dédié à la proportionnelle en explique le fonctionnement.
Et vous, sur quels sujets hésitez-vous ? Faites le test et utilisez le bouton « Comprendre les termes » dès qu'un mot vous arrête.