Le débat politique français a son jargon. On parle de 49.3 au journal de 20 heures, de RIC dans les manifestations, de « priorité nationale » dans les programmes et de DPE chez le notaire, souvent sans définir les mots. Ce lexique rassemble les 77 termes techniques que l'on retrouve dans les 180 affirmations du test politique, avec une définition courte et neutre pour chacun.
Ces définitions sont aussi disponibles directement dans le test : sur chaque carte concernée, le bouton « Comprendre les termes » retourne la carte pour afficher l'explication, sans que cela compte comme une réponse. Pour trois notions qui méritent davantage qu'un paragraphe, nous avons écrit des articles dédiés : le 49.3, le RIC et le RIP et la proportionnelle.
Économie & travail
Cotisations sociales : Prélèvements sur les salaires qui financent la protection sociale : retraite, assurance maladie, chômage, allocations familiales. Les « exonérer » sur les heures supplémentaires augmente le salaire net mais réduit d'autant ces recettes.
CSG : Contribution sociale généralisée : prélèvement sur presque tous les revenus (salaires, retraites, capital) qui finance la Sécurité sociale. Son taux est aujourd'hui quasi identique pour tous (9,2 % sur les salaires) : la rendre « progressive » signifierait le moduler selon le niveau de revenu.
Dette publique : Total de ce que l'État, la Sécurité sociale et les collectivités ont emprunté et doivent rembourser : environ 3 300 milliards d'euros, soit près de 114 % du PIB. Les intérêts versés chaque année en font l'un des premiers postes du budget de l'État.
Droits de succession : Impôt payé sur un héritage. En ligne directe (parents-enfants), un abattement de 100 000 euros s'applique par parent et par enfant, puis le taux grimpe par tranches de 5 % à 45 %. La grande majorité des successions n'en paie pas.
Impôt plancher sur les très hauts patrimoines : Proposition (dite « taxe Zucman », du nom de l'économiste qui l'a formulée) d'imposer chaque année au minimum 2 % de la fortune des patrimoines dépassant 100 millions d'euros, pour contrer l'optimisation fiscale. Environ 1 800 foyers seraient concernés en France.
Impôts de production : Taxes payées par les entreprises indépendamment de leurs bénéfices : sur leur masse salariale, leur foncier ou leur chiffre d'affaires (CVAE, CFE, versement mobilité…). Elles pèsent même sur une entreprise qui ne gagne pas d'argent, d'où le débat sur leur niveau.
ISF : Impôt de solidarité sur la fortune : impôt annuel sur les patrimoines supérieurs à 1,3 million d'euros, créé en 1989. Remplacé en 2018 par l'IFI (impôt sur la fortune immobilière), qui ne taxe plus que l'immobilier.
Les 35 heures : Durée légale du travail hebdomadaire en France depuis 2000. Ce n'est pas un maximum : au-delà, les heures sont des heures supplémentaires, mieux payées. « Sortir des 35 heures » signifie laisser chaque entreprise ou branche fixer sa propre référence.
Moratoire : Suspension temporaire et volontaire d'une activité ou d'une décision, le temps d'en réévaluer l'utilité ou les effets. Un moratoire n'est pas une interdiction définitive.
Nationalisation : Prise de contrôle d'une entreprise par l'État, qui en devient propriétaire majoritaire ou total, à l'inverse d'une privatisation. L'État peut ainsi piloter directement les prix et les investissements du secteur concerné.
Répartition / capitalisation : Dans la retraite par répartition (système français actuel), les cotisations des actifs paient directement les pensions des retraités. Dans la capitalisation, chacun épargne et investit pour sa propre retraite, avec un rendement qui dépend des marchés.
RSA : Revenu de solidarité active : allocation versée aux personnes sans ressources ou presque, soit 646 euros par mois pour une personne seule (2025). Depuis 2025, son versement est conditionné à 15 heures d'activité hebdomadaire d'accompagnement ou de formation, avec des exceptions.
Superprofits : Bénéfices jugés exceptionnels car très supérieurs à la normale, souvent liés à une crise (énergie, pandémie) plutôt qu'aux efforts de l'entreprise. Le terme n'a pas de définition légale ; une taxe dédiée suppose de fixer un seuil.
TVA à 5,5 % : La TVA est l'impôt payé sur presque tous les achats. Le taux normal est de 20 % ; un taux réduit de 5,5 % s'applique aux produits dits de première nécessité (alimentation, livres…). La question est de classer l'énergie dans cette catégorie, ce que le droit européen encadre.
Société & modes de vie
Aide active à mourir : Terme englobant l'euthanasie (un soignant administre un produit létal à la demande du patient) et le suicide assisté (le patient se l'administre lui-même). Distincte des soins palliatifs et de la sédation profonde, déjà légaux en France.
Changement d'état civil : Modification du sexe et du prénom inscrits sur les papiers d'identité. Depuis 2016, il se fait devant un tribunal sans obligation de traitement médical ; « librement » renverrait à une simple déclaration en mairie, comme en Belgique ou en Espagne.
Concordat d'Alsace-Moselle : Régime hérité de 1801, maintenu dans les trois départements d'Alsace-Moselle : les ministres des cultes catholique, protestants et juif y sont rémunérés par l'État, et un enseignement religieux existe à l'école publique. La loi de 1905 sur la laïcité ne s'y applique pas.
Écriture inclusive : Pratiques d'écriture visant à rendre les femmes plus visibles dans la langue : féminisation des noms de métiers, doublets (« toutes et tous »), point médian (« député·es »). Le point médian est interdit dans les textes officiels et à l'école.
GPA : Gestation pour autrui : une femme porte un enfant pour un couple ou une personne qui en deviendra le parent. Elle est interdite en France mais légale, encadrée ou commerciale selon les pays (Canada, États-Unis, Géorgie…).
Laïcité : Principe de la loi de 1905 : l'État est neutre et séparé des religions, chacun est libre de croire ou non. Son application stricte ou souple dans l'espace public (vêtements, accompagnement scolaire, services publics) fait l'objet d'interprétations divergentes.
PMA : Procréation médicalement assistée : techniques médicales (insémination, fécondation in vitro) aidant à concevoir un enfant. Elle est ouverte en France à toutes les femmes, y compris seules ou en couple de femmes, depuis 2021.
Immigration & sécurité
Accord franco-algérien de 1968 : Traité bilatéral qui donne aux ressortissants algériens un régime de séjour spécifique en France (certificats de résidence, regroupement familial facilité), distinct du droit commun des étrangers. Le « dénoncer » signifie y mettre fin unilatéralement.
AME : Aide médicale d'État : prise en charge des soins des personnes sans papiers présentes en France depuis plus de 3 mois et sous un plafond de ressources. Budget d'environ 1,3 milliard d'euros par an, soit près de 0,5 % des dépenses de santé.
Aménagement de peine : Adaptation d'une peine de prison par le juge de l'application des peines : bracelet électronique, semi-liberté, libération conditionnelle… Les peines de moins d'un an sont aujourd'hui aménageables par principe, ce que la question propose de supprimer.
CEDH : Convention européenne des droits de l'homme : traité de 1950 signé par 46 pays, dont le respect est contrôlé par la Cour de Strasbourg. Ses arrêts s'imposent à la France, y compris en matière d'expulsions ; aucun pays de l'UE ne l'a quittée (la Russie en a été exclue en 2022).
Demande d'asile : Demande de protection déposée par une personne qui fuit des persécutions, examinée en France par l'OFPRA. Le droit actuel impose d'être sur le territoire pour déposer sa demande ; l'examiner « depuis l'étranger » inverserait cette logique.
Droit du sol : Règle permettant à un enfant né en France de parents étrangers de devenir Français, automatiquement à sa majorité s'il y a vécu au moins 5 ans depuis ses 11 ans. Il se distingue du droit du sang (nationalité transmise par les parents), qui s'applique aussi en France.
Immigration « à points » : Système de sélection des travailleurs immigrés selon des critères notés (qualification, langue, besoins économiques), utilisé par le Canada ou l'Australie. Le titre de séjour est accordé en fonction du score obtenu.
Métiers en tension : Métiers où les employeurs peinent durablement à recruter (bâtiment, restauration, aide à domicile…), recensés sur une liste officielle. La « régularisation » consiste à accorder un titre de séjour à des personnes présentes sans papiers qui y travaillent déjà.
Mineurs isolés étrangers : Jeunes de moins de 18 ans arrivés en France sans parent ni tuteur, aussi appelés mineurs non accompagnés (MNA). Leur protection relève de l'aide sociale à l'enfance des départements ; l'évaluation de leur âge est souvent au cœur des litiges.
Naturalisation : Procédure par laquelle un étranger adulte obtient la nationalité française par décision de l'État. Elle exige déjà 5 ans de résidence, un niveau de français certifié et un entretien d'assimilation ; la question porte sur le durcissement de ces critères.
Peines planchers : Peines minimales que le juge devrait prononcer pour certains délits ou en cas de récidive, sauf exception motivée. Instaurées en 2007, supprimées en 2014 ; leur rétablissement limite la marge d'appréciation du juge.
Priorité nationale : Principe consistant à réserver ou à attribuer en priorité certains droits (emplois, logements sociaux, prestations) aux personnes de nationalité française. Sa mise en œuvre supposerait de réviser la Constitution et contreviendrait à des engagements européens actuels.
Récépissé de contrôle : Document que le policier remettrait à toute personne contrôlée, indiquant la date et le motif du contrôle d'identité. Objectif avancé : pouvoir objectiver les contrôles répétés visant les mêmes personnes, dits « contrôles au faciès ».
Statistiques ethniques : Collecte de données sur l'origine ethnique ou raciale des personnes, interdite en principe en France par la loi Informatique et libertés, hors études anonymisées très encadrées. Leurs partisans veulent mesurer les discriminations, leurs opposants craignent la catégorisation de la population.
Vidéosurveillance algorithmique : Analyse automatique des images de caméras par logiciel pour détecter des situations (mouvement de foule, objet abandonné) ou identifier des personnes par reconnaissance faciale. Cette dernière n'est pas autorisée dans l'espace public en France, hors expérimentations très encadrées.
Europe & international
2 % du PIB : Objectif de dépenses militaires que les membres de l'OTAN se sont fixé en 2014, que la France atteint depuis 2024 (environ 60 milliards d'euros par an). En 2025, les alliés ont adopté une nouvelle cible de 3,5 % à horizon 2035.
Avoirs russes gelés : Quelque 200 milliards d'euros d'actifs de la banque centrale russe immobilisés en Europe (surtout en Belgique) depuis les sanctions de 2022. Les intérêts qu'ils produisent financent déjà l'aide à l'Ukraine ; saisir le capital lui-même pose des questions juridiques inédites.
Commandement intégré de l'OTAN : Structure militaire commune de l'OTAN qui planifie les opérations et place des officiers de chaque pays sous commandement allié. La France l'a quitté en 1966 (de Gaulle) tout en restant dans l'alliance, puis l'a réintégré en 2009.
Espace Schengen : Zone de 29 pays européens sans contrôles systématiques aux frontières intérieures : on passe de l'un à l'autre comme entre deux régions. Un pays peut rétablir temporairement des contrôles, mais des contrôles permanents contreviendraient aux règles actuelles.
Fédéralisme européen : Projet d'une Europe organisée comme un État fédéral (sur le modèle des États-Unis ou de l'Allemagne) : un gouvernement européen déciderait dans les grands domaines, les États membres devenant comparables à des États fédérés.
Frontex : Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, chargée d'aider les États à surveiller les frontières extérieures de l'UE. Elle dispose d'environ 10 000 agents et son renforcement est régulièrement débattu.
Majorité qualifiée / veto : En politique étrangère, l'UE décide aujourd'hui à l'unanimité : chaque pays dispose d'un veto. Passer à la majorité qualifiée (55 % des États représentant 65 % de la population) permettrait de décider sans l'accord de tous, et donc parfois contre l'avis de la France.
Marché européen de l'électricité : Système où l'électricité s'échange entre pays européens à un prix de gros commun, indexé sur la dernière centrale appelée, souvent au gaz. En sortir permettrait en théorie des prix nationaux, mais la France exporte massivement son électricité via ce marché.
Mercosur : Marché commun sud-américain (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay…). L'accord UE-Mercosur, négocié depuis 20 ans, réduirait les droits de douane dans les deux sens ; les agriculteurs européens redoutent la concurrence de viandes produites selon des normes différentes.
OTAN : Organisation du traité de l'Atlantique Nord : alliance militaire de 32 pays d'Europe et d'Amérique du Nord, fondée en 1949. Ses membres s'engagent à se défendre mutuellement en cas d'attaque (article 5).
PAC : Politique agricole commune : premier budget de l'UE (environ 55 milliards d'euros par an), qui verse des aides directes aux agriculteurs, majoritairement proportionnelles à la surface exploitée. Elle est renégociée tous les 7 ans.
Primauté du droit européen : Principe selon lequel, en cas de conflit, le droit de l'Union européenne l'emporte sur les lois nationales, condition du fonctionnement du marché commun. Inverser cette hiérarchie impliquerait de réviser la Constitution et entrerait en conflit avec les traités européens.
Règles budgétaires européennes : Engagements des pays de l'UE à limiter leur déficit public à 3 % du PIB et leur dette à 60 %, avec des trajectoires de retour négociées avec Bruxelles. Leur non-respect peut déclencher une procédure pour déficit excessif, dont la France fait l'objet.
Travailleur détaché : Salarié envoyé temporairement travailler dans un autre pays de l'UE par son employeur : il est payé selon les règles du pays d'accueil, mais ses cotisations sociales restent celles du pays d'origine, souvent moins élevées. D'où le débat sur la concurrence salariale.
Écologie & énergie
Adaptation / atténuation : Deux volets de l'action climatique : l'atténuation réduit les émissions de gaz à effet de serre (causes), l'adaptation prépare la société aux effets déjà inévitables (canicules, sécheresses, inondations). Le débat porte sur la priorité à donner à l'un ou à l'autre.
DPE : Diagnostic de performance énergétique : note de A à G attribuée à chaque logement selon sa consommation d'énergie. Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028 : c'est cette trajectoire que la question propose d'assouplir.
Fin des ventes thermiques en 2035 : Règlement européen interdisant la vente de voitures neuves essence ou diesel à partir de 2035 (les véhicules d'occasion restent autorisés). Une clause de revoyure permet d'en réexaminer les modalités, ce que demandent plusieurs constructeurs et États.
ISF climatique : Proposition de recréer un impôt sur la fortune dont le montant varierait selon l'empreinte carbone du patrimoine (placements dans les énergies fossiles, jets, yachts…). L'objectif affiché : faire contribuer davantage les patrimoines les plus polluants.
Méga-bassines : Grandes retenues d'eau artificielles (parfois plus de 10 hectares) remplies en hiver, surtout par pompage dans les nappes, pour irriguer les cultures en été. Leurs partisans y voient une sécurité face aux sécheresses, leurs opposants une privatisation de l'eau qui fragilise les nappes.
Moratoire : Suspension temporaire et volontaire d'une activité ou d'une décision, le temps d'en réévaluer l'utilité ou les effets. Un moratoire n'est pas une interdiction définitive.
Régie publique : Gestion d'un service (eau, transports…) directement par la collectivité, sans passer par une entreprise privée délégataire comme Veolia ou Suez. Environ 40 % de l'eau potable française est déjà en régie, dont Paris depuis 2010.
Règle verte : Principe selon lequel on ne prélève pas sur la nature plus que ce qu'elle peut reconstituer en un an (eau, forêts, sols…). L'inscrire dans la Constitution en ferait une norme s'imposant aux lois.
Taxe carbone aux frontières : Mécanisme européen (MACF) faisant payer aux importations (acier, ciment, engrais…) le carbone émis pour les produire, comme si elles avaient été fabriquées sous les règles européennes. Objectif : éviter que les industries ne délocalisent vers des pays moins contraignants.
ZFE : Zones à faibles émissions : agglomérations où les véhicules les plus anciens, classés par vignette Crit'Air, ne peuvent plus circuler. Obligatoires dans les grandes villes depuis la loi climat de 2021, elles sont contestées pour leur impact sur les ménages ne pouvant changer de voiture.
Institutions & démocratie
Agences et opérateurs de l'État : Organismes publics autonomes exerçant des missions pour l'État : France Travail, ADEME, agences régionales de santé, universités… On en compte plus de 400, employant environ 400 000 personnes ; leur coût et leur utilité font l'objet de revues régulières.
Audiovisuel public : Ensemble des chaînes et radios publiques : France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte, INA. Financé principalement par une fraction de TVA depuis la suppression de la redevance en 2022.
Autonomie fiscale : Capacité des collectivités locales à fixer et percevoir leurs propres impôts plutôt que de dépendre de dotations de l'État. Elle a reculé avec la suppression de la taxe d'habitation, compensée par des transferts décidés nationalement.
Conseil constitutionnel : Institution de 9 membres qui vérifie la conformité des lois à la Constitution et peut en censurer tout ou partie, avant ou après leur adoption. Ses décisions sont aujourd'hui définitives : aucun vote ne peut les renverser, ce que la question propose de changer.
Convention citoyenne : Assemblée de citoyens tirés au sort (150 pour celle sur le climat en 2019-2020), représentative de la population, qui auditionne des experts puis formule des propositions. Leur portée est aujourd'hui consultative : la question propose de les relier à des référendums.
Cours suprêmes : Juridictions au sommet de l'ordre juridique : Conseil constitutionnel (conformité des lois à la Constitution), Conseil d'État (administration), Cour de cassation (justice civile et pénale), auxquelles s'ajoutent les cours européennes. Leurs décisions peuvent censurer des lois votées par le Parlement.
Cumul des mandats : Fait d'exercer plusieurs mandats électifs en même temps. Depuis 2017, un député ou sénateur ne peut plus diriger un exécutif local (maire, président de département ou de région) ; la question propose de revenir sur cette interdiction.
Décentralisation : Transfert de compétences et de moyens de l'État central vers les collectivités locales (communes, départements, régions), qui décident alors elles-mêmes dans ces domaines.
Le 49.3 : Article de la Constitution permettant au gouvernement de faire adopter un texte sans vote de l'Assemblée nationale. Les députés peuvent répliquer par une motion de censure : si elle est votée, le texte tombe et le gouvernement aussi.
Ordonnances : Textes pris par le gouvernement dans le domaine de la loi, sur autorisation du Parlement (article 38). Elles permettent de réformer vite, le Parlement ne votant qu'avant (l'habilitation) et après (la ratification), sans débattre du contenu article par article.
Proportionnelle : Mode de scrutin où les sièges sont répartis selon le pourcentage de voix de chaque liste : un parti à 20 % obtient environ 20 % des sièges. Les législatives françaises utilisent au contraire un scrutin majoritaire par circonscription, qui amplifie la représentation des partis arrivés en tête.
Règle d'or budgétaire : Principe constitutionnel qui interdirait ou plafonnerait les déficits publics, obligeant à voter des budgets proches de l'équilibre. L'Allemagne l'applique depuis 2009 (frein à l'endettement), avec des dérogations en cas de crise.
RIC : Référendum d'initiative citoyenne : possibilité pour les citoyens, en réunissant assez de signatures, de déclencher eux-mêmes un référendum pour proposer ou abroger une loi, voire révoquer un élu. Il n'existe pas en France ; la Suisse pratique un système proche.
RIP : Référendum d'initiative partagée : procédure existante permettant d'organiser un référendum si 185 parlementaires puis 10 % du corps électoral (environ 4,9 millions de signatures) soutiennent une proposition. Ce seuil n'a jamais été atteint depuis sa création en 2015.
Sénat et CESE : Le Sénat est la seconde chambre du Parlement, élue par les grands électeurs (maires, conseillers…) et associée au vote de toutes les lois. Le CESE (Conseil économique, social et environnemental) est une assemblée consultative de représentants de la société civile.
Ve République : Régime politique de la France depuis 1958, bâti autour d'un président fort élu au suffrage universel direct. C'est le régime actuel, défini par la Constitution de 1958.
VIe République : Projet de remplacer la Constitution actuelle (Ve République, 1958) par un nouveau régime, généralement plus parlementaire : un président aux pouvoirs réduits et un Parlement renforcé, souvent via une assemblée constituante chargée d'écrire le nouveau texte.
Vote blanc : Bulletin vide ou sans mention, exprimant un refus des choix proposés. Il est compté à part depuis 2014 mais n'entre pas dans les suffrages exprimés : il n'a donc aucun effet sur le résultat, ce que la question propose de changer.
Comment utiliser ce lexique
Un conseil simple : quand une mesure vous semble évidente ou scandaleuse, vérifiez d'abord ce que recouvrent ses termes. Supprimer l'AME, rétablir l'ISF ou sortir du marché européen de l'électricité ne signifient pas toujours ce que le débat télévisé laisse entendre. Une fois les mots clarifiés, vous pouvez passer le test et comparer vos réponses aux programmes des partis, thème par thème.