Le programme Rassemblement National sur économie & travail
Présidentielle 2022 → européennes et législatives 2024 → positions actuelles
Le Rassemblement national articule sa doctrine économique autour du pouvoir d'achat, du « patriotisme économique » et de la protection face à la concurrence internationale. Ses mesures phares restent la baisse de la TVA sur l'énergie, l'abrogation de la réforme des retraites de 2023 et l'incitation aux hausses de salaires. Depuis 2024, le parti met davantage l'accent sur la baisse des impôts de production et la réduction des dépenses publiques : son contre-budget 2026 revendique 36 milliards d'euros d'économies, financées notamment par des coupes sur l'immigration, la contribution à l'UE et les agences de l'État. Plusieurs observateurs, selon Public Sénat, y voient un « virage libéral » du parti.
Les mesures détaillées
Baisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'énergie (carburants, gaz, électricité, fioul)
Position constanteLe parti propose depuis 2022 de ramener la TVA sur l'ensemble des produits énergétiques de 20 % à 5,5 %. Dans le programme des législatives 2024, la mesure figurait dans un projet de loi de finances rectificative dès la session extraordinaire de juillet 2024, avec un contrôle de son effectivité confié à la DGCCRF. Cette baisse était estimée à environ 7 milliards d'euros en 2024 et le programme européen proposait de la financer en partie par une baisse de la contribution française à l'UE. Elle est reprise dans le contre-budget 2026 du parti.
« Baisse de la TVA sur l'ensemble des produits énergétiques »
Présent dans : Présidentielle 2022 · Législatives 2024 · Positions actuelles
- Source : Programme M la France 2022 (site de campagne) (2022-03), consulté le 18/09/2026
- Source : Programme RN législatives 2024 « Un projet, une méthode » (2024-06), consulté le 18/09/2026
- Source : Public Sénat – Le contre-budget 2026 du RN (2025-10), consulté le 18/09/2026
Abroger la réforme des retraites de 2023 et instaurer un système progressif
Position modifiéeEn 2022, Marine Le Pen proposait la retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans et refusait tout allongement de l'âge de départ. Le programme des législatives 2024 prévoit d'« abroger la réforme des retraites de Macron » et de mettre en place un système progressif prenant en compte la pénibilité et l'entrée précoce sur le marché du travail. Le contre-budget 2026 du parti chiffre à 1,5 milliard d'euros le coût de sa réforme des retraites pour 2026. Selon plusieurs médias, Jordan Bardella a nuancé en 2025 le retour généralisé à 60 ou 62 ans, en privilégiant un critère de durée de cotisation.
« Abroger la réforme des retraites de Macron et mettre en place un système de retraites progressif »
Présent dans : Présidentielle 2022 · Législatives 2024 · Positions actuelles
- Source : Programme M la France 2022 (site de campagne) (2022-03), consulté le 18/09/2026
- Source : Programme RN législatives 2024 « Un projet, une méthode » (2024-06), consulté le 18/09/2026
- Source : Public Sénat – Le contre-budget 2026 du RN (2025-10), consulté le 18/09/2026
Inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10 % jusqu'à 3 SMIC
Position constanteLe parti propose de permettre aux entreprises d'augmenter les salaires de 10 % pour les rémunérations allant jusqu'à trois fois le SMIC, en les exonérant de la hausse de cotisations patronales correspondante pendant trois à cinq ans. La mesure figurait déjà dans les 22 mesures de 2022 et est reconduite en 2024, complétée par l'organisation d'une conférence sociale sur les salaires et les conditions de travail dès juillet 2024.
« permettre aux entreprises d'augmenter les salaires de 10 % jusqu'à trois fois le SMIC »
Présent dans : Présidentielle 2022 · Législatives 2024 · Positions actuelles
- Source : Programme M la France 2022 (site de campagne) (2022-03), consulté le 18/09/2026
- Source : Programme RN législatives 2024 « Un projet, une méthode » (2024-06), consulté le 18/09/2026
Remplacer l'IFI par un impôt sur la fortune financière (IFF)
Position constanteLe parti propose de supprimer l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), qu'il juge pénalisant pour la conservation et la transmission des patrimoines, et de le remplacer par un impôt sur la fortune financière (IFF) visant les patrimoines exclusivement mobiliers. La mesure, présente en 2022, est reprise dans le programme des législatives 2024, accompagnée d'exonérations sur les successions directes pour les familles modestes et de donations exonérées jusqu'à 100 000 euros par descendant tous les dix ans.
Présent dans : Présidentielle 2022 · Législatives 2024 · Positions actuelles
- Source : Programme M la France 2022 (site de campagne) (2022-03), consulté le 18/09/2026
- Source : Programme RN législatives 2024 « Un projet, une méthode » (2024-06), consulté le 18/09/2026
Poursuivre la baisse des impôts de production (CVAE)
Position constanteLe programme des législatives 2024 propose de poursuivre la baisse des impôts de production, dont la CVAE, pour stimuler les implantations industrielles en France. Le programme européen de 2024 parle d'un « réalignement compétitif » de la France par rapport à l'Europe. Selon Public Sénat, le contre-budget 2026 du parti prévoit une baisse des impôts de production de 16,2 milliards d'euros, illustrant selon un économiste cité un « virage libéral et pro-entreprises » depuis l'arrivée de Jordan Bardella à la présidence du parti.
Présent dans : Législatives 2024 · Européennes 2024 · Positions actuelles
- Source : Programme RN législatives 2024 « Un projet, une méthode » (2024-06), consulté le 18/09/2026
- Source : Public Sénat – Le contre-budget 2026 du RN (2025-10), consulté le 18/09/2026
Suspendre la TVA sur une centaine de produits de première nécessité
Position constantePour protéger le pouvoir d'achat en cas de forte inflation, le programme des législatives 2024 prévoit la suspension de la TVA sur une centaine de produits de première nécessité. La mesure est reprise dans le contre-budget 2026 sous la forme d'une TVA à taux zéro sur une liste de produits essentiels, chiffrée avec la TVA réduite sur l'énergie à environ 14 milliards d'euros selon Public Sénat.
« la suspension de la TVA sur une centaine de produits de première nécessité »
Présent dans : Législatives 2024 · Positions actuelles
- Source : Programme RN législatives 2024 « Un projet, une méthode » (2024-06), consulté le 18/09/2026
- Source : Public Sénat – Le contre-budget 2026 du RN (2025-10), consulté le 18/09/2026
Réaliser 36 milliards d'euros d'économies (contre-budget 2026)
NouveautéPrésenté le 23 octobre 2025 par Marine Le Pen et Jean-Philippe Tanguy, le contre-budget 2026 du parti revendique 36 milliards d'euros d'économies, contre 30 milliards pour le projet du gouvernement. Il combine environ 50 milliards de baisses de dépenses et 14 milliards de baisses de recettes fiscales. Les principales sources d'économies annoncées portent sur l'immigration (11,9 milliards), la contribution française au budget européen (8,7 milliards), les agences de l'État (7,7 milliards) et les dotations aux régions (5 milliards). Selon Public Sénat, plusieurs de ces chiffrages sont contestés par des économistes.
Présent dans : Positions actuelles
- Source : Public Sénat – Le contre-budget 2026 du RN (2025-10), consulté le 18/09/2026
L'évolution des positions
Présidentielle 2022: « M la France – 22 mesures pour la France (Marine Le Pen 2022) »
Le programme « M la France » de Marine Le Pen faisait du pouvoir d'achat sa priorité : baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur les produits énergétiques, hausse des salaires de 10 % exonérée de cotisations jusqu'à 3 SMIC, retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé avant 20 ans, réindexation des retraites sur l'inflation et remplacement de l'IFI par un impôt sur la fortune financière.
Législatives 2024: « L'union fait la France – Un projet, une méthode »
Le programme « Un projet, une méthode » distinguait un « temps de l'urgence » (baisse immédiate de la TVA sur l'énergie, annulation de la réforme de l'assurance chômage de juillet 2024) et un « temps des réformes » conditionné à un audit des comptes publics. L'abrogation de la réforme des retraites était renvoyée au débat budgétaire de l'automne, signe d'une prudence budgétaire nouvelle.
Positions actuelles: « Positions 2025-2026 (contre-budget 2026 et travaux parlementaires) »
Avec son contre-budget 2026 (36 milliards d'euros d'économies, 16,2 milliards de baisse des impôts de production), le parti accentue une orientation pro-entreprises et de maîtrise de la dépense. Selon un économiste cité par Public Sénat, ces propositions « manquent de crédibilité économique » mais traduisent « une véritable cohérence doctrinale » et un virage libéral depuis l'arrivée de Jordan Bardella.
Questions fréquentes
- Le RN veut-il toujours la retraite à 60 ans ?
- Le parti demande l'abrogation de la réforme portant l'âge légal à 64 ans. En 2022, il proposait la retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans ; en 2024, il défend un « système progressif » fondé sur l'entrée précoce dans l'emploi et la pénibilité. Selon plusieurs médias, Jordan Bardella a nuancé en 2025 le retour généralisé à 60-62 ans au profit d'un critère de durée de cotisation (40 à 42 annuités).
- Comment le RN veut-il financer ses baisses d'impôts ?
- Son contre-budget 2026 prévoit des économies sur les dépenses liées à l'immigration (11,9 milliards d'euros annoncés), une réduction de la contribution française au budget de l'UE (8,7 milliards), des coupes dans les agences de l'État (7,7 milliards) et dans les dotations régionales, ainsi qu'une lutte renforcée contre les fraudes fiscales et sociales. Selon Public Sénat, plusieurs de ces chiffrages sont jugés peu crédibles par des économistes.
- Le RN est-il protectionniste ?
- Le parti se présente comme partisan du « patriotisme économique » : priorité nationale et préférence européenne dans la commande publique, moratoire sur les nouveaux accords de libre-échange de l'UE, taxe carbone aux frontières et principe de réciprocité des normes pour les importations. Il défend en parallèle des baisses d'impôts de production pour les entreprises installées en France.
- Que propose le RN sur le SMIC ?
- Le parti ne propose pas de hausse directe du SMIC par l'État : il privilégie une incitation fiscale, en exonérant de cotisations patronales les entreprises qui augmentent les salaires de 10 % jusqu'à 3 SMIC, et il a proposé en 2024 une conférence sociale sur les salaires et les conditions de travail.
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